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Journée mondiale des réfugiés 2026
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Journée mondiale des réfugiés
Au Liban, les enfants libanais, syriens et palestiniens face à une nouvelle crise
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Secours Islamique France (SIF) alerte sur la situation de tous les enfants déplacés par les conflits, en particulier celles des enfants libanais et des enfants palestiniens et syriens réfugiés vivant au Liban. Déjà confrontés aux conséquences de déplacements antérieurs, confrontés à la pauvreté et à un accès limité aux services essentiels, les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables face à la reprise des hostilités dans le pays.
Depuis le 2 mars 2026, les violences ont provoqué de nouveaux déplacements massifs et aggravé les besoins humanitaires. Pour de nombreux enfants, cette crise représente une nouvelle rupture dans un parcours déjà marqué par l’instabilité et l’incertitude. Accès à l’éducation compromis, précarité croissante et détresse psychologique.
En avril 2026, le ministère libanais des Affaires sociales estimait à 1,1 million le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays, dont 390 000 enfants1.
Les enfants au Liban à nouveau déplacés en 2026 : risques en matière de protection et mesures à prendre
Afin de mieux comprendre l’impact de cette situation sur les enfants, le Secours Islamique France a mené une étude auprès de 38 enfants âgés de 6 à 17 ans et de six aidants familiaux issus des communautés libanaises, syriennes et palestiniennes. Les résultats mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les enfants les plus vulnérables et soulignent l’urgence d’une réponse adaptée à leurs besoins.
Les résultats mettent en évidence trois préoccupations majeures :
• Les difficultés d’accès à l’éducation : sur les 1 250 écoles publiques que compte le Liban, plus de 435 ont été transformées en abris pour personnes déplacées , privant ainsi plus de 115 000 élèves de l'enseignement en présentiel. L’école est pourtant essentielle en contexte de conflits, car elle permet aux enfants de rétablir une routine quotidienne, de retrouver un sentiment de normalité, et elle est bien souvent la porte d’entrée pour accéder aux services sociaux de base comme l’eau ou la nourriture, y compris les systèmes de protection contre les violences. L'interruption prolongée de la scolarité peut entrainer une hausse des taux d’abandon scolaire et exposer les enfants au travail, à l’exploitation, aux mariages précoces.
« J’ai arrêté d’aller à l’école. J’ai complètement arrêté d’étudier, en attendant que la guerre se termine pour pouvoir rentrer. »
Enfant interviewé par le SIF
« Je ne vais pas à l’école parce que mon établissement accueille des personnes déplacées. »
Enfant interviewé par le SIF
• L’aggravation de la pression économique sur les familles et le risque du travail des enfants : l'effondrement économique dont souffrait déjà le Liban — où plus de 75 % des enfants vivaient déjà sous le seuil de pauvreté — s'est aggravé avec ces nouveaux déplacements, ce qui accroît le risque que les enfants soient contraints de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille.
Durant la guerre de 2024, environ 15 % des familles interrogées au Liban avaient déjà fait entrer un enfant sur le marché du travail, qu’il s’agisse de foyers libanais, syriens ou palestiniens . Cette nouvelle guerre aggrave tous les facteurs qui alimentent ce phénomène : perte de revenus, destruction des moyens d’existence, hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant, et effondrement du système éducatif.
« C’est fatigant, mais nécessaire : les enfants travaillent pour aider leurs parents lorsque les revenus viennent à manquer. »
Personne en charge d’un enfant, interviewée par le SIF
• L'importance des besoins en soutien psychosocial : on estime à 770 000 le nombre d'enfants souffrant d'une détresse psychologique , alors que les services de santé psychosociale et mentale continuent de manquer cruellement de moyens. Cette détresse n’est pas nouvelle : déjà plusieurs mois après la guerre de 2024, une enquête menée par le SIF visant à évaluer la santé mentale et les besoins psychosociaux des enfants a révélé que 46 % des enfants interrogés continuaient de ressentir une peur intense.
« J’ai peur de perdre ma mère. »
Enfant interviewé par le SIF
« On constate une insuffisance des services et des lacunes chroniques en matière de services de santé mentale et de soutien psychologique. »
Personne en charge d’un enfant, interviewée par le SIF
L’étude souligne également les risques de protection au sein des abris collectifs pour les enfants. Les abris surpeuplés, présentent des conditions de vie dangereuses, sans installations sanitaires adéquates, sans intimité ; des conditions pouvant être préjudiciables aux enfants.
En dehors des abris collectifs, faute de places suffisantes, des familles se retrouvent à la rue, dans des bâtiments inachevés ou des tentes de fortunes, des conditions qui accentuent bien sûr les risques de protection pour les enfants. L'étude souligne un sentiment d’abandon particulièrement marqué parmi ces familles vivant en dehors des centres d’hébergement collectifs, souvent moins visibles et plus difficilement atteintes par l’aide humanitaire. À la vue de la situation dont est témoin l’équipe du SIF au Liban, des témoignages des enfants déplacés et de leurs accompagnants, les mesures suivantes d’être prises de toute urgence par les acteurs de la réponse humanitaire afin d’assurer la protection des enfants :
Renforcer la protection des enfants
Face à l’ampleur de la crise, le Secours Islamique France appelle à renforcer les dispositifs de protection destinés pour tous les enfants affectés par le conflit, en particulier les enfants déplacés, qu’ils soient accueillis dans des centres d’hébergement d’urgence ou à l’extérieur de ces centres. La protection des enfants doit occuper une place centrale de la réponse humanitaire au Liban.
Cela implique notamment de garantir leur sécurité pendant les déplacements, de prévenir les risques de violences et d’exploitation, et de veiller au respect de leurs droits dans toutes les phases de la réponse humanitaire.
Garantir l’accès et la continuité éducative
L’éducation constitue un facteur essentiel de protection et de stabilité pour les enfants.
La réhabilitation des espaces d’apprentissage, l’accès au matériel scolaire et aux ressources éducatives, à Internet et aux équipements numériques doivent être renforcés afin de permettre la continuité de l’enseignement et de limiter les risques de décrochage scolaire et de protection.
Répondre à l’urgence psychosociale
Les besoins en santé mentale et en soutien psychosocial demeurent considérables.
Le développement de l’accès à des espaces sûrs, à des activités récréatives adaptées aux enfants et à des services spécialisés est indispensable pour accompagner les enfants confrontés aux traumatismes de la guerre et des déplacements répétés.
Il faut aussi veiller à ce que les centres d’hébergement d’urgence pour les personnes déplacées soient adaptés aux enfants et offrent des environnement sûrs et protecteurs, préservant leur bien-être et leur dignité.
Soutenir les familles les plus vulnérables
Le renforcement de l’aide alimentaire et financière est également essentiel pour aider les familles à faire face à l’augmentation du coût de la vie et à la perte de revenus et de leurs moyens d’existence.
Ces mesures contribuent à réduire les stratégies de survie négatives, notamment le recours au travail des enfants, et à préserver leur accès à l’éducation.
Une responsabilité collective
À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Secours Islamique France rappelle que chaque enfant a droit à la protection, à l’éducation et à un avenir digne, quels que soient son origine ou son parcours.
Alors que les crises se multiplient, les enfants déplacés ou réfugiés ne doivent pas devenir les oubliés des réponses humanitaires. Leur protection et leur bien-être constituent une responsabilité collective qui exige une mobilisation durable de la communauté internationale.
Le respect du droit international humanitaire, la protection des civils et la garantie d’un accès humanitaire sûr et sans entrave demeurent indispensables pour répondre aux besoins des populations affectées.
Le SIF appelle toutes les parties au conflit à mettre immédiatement fin à toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles, et à s'engager à mettre un terme réel et définitif aux hostilités.
La communauté internationale doit mettre en œuvre tous les moyens diplomatiques à sa disposition pour garantir et pérenniser un cessez-le-feu total et permanent, et soutenir la conduite d'enquêtes indépendantes et impartiales sur les violations présumées du droit international humanitaire, notamment les attaques contre les civils, les établissements de santé et les infrastructures civiles, ainsi que les violations graves commises à l'encontre des enfants.






